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Emmanuel Célestin Suhard Suggérer par mail
 Emmanuel Célestin Suhard est le fils d'Emmanuel Suhard et de Jeanne Marsollier (mariés le 25 juin 1873). Enfant pieux et timide, fils d'une veuve qui dirige seule la ferme familiale, il est jugé « trop peu dégourdi pour faire un curé » par le curé de Brains-sur-les-Marches. En octobre 1888, il entre toutefois au Petit Séminaire de Mayenne (ses condisciples sont Joseph Hamon et Victor Guillet). Il le quitte en 1892 pour entrer le 6 octobre au Grand Séminaire de Laval où il effectue de brillantes études qui lui valent une bourse pour le Séminaire français de Rome. Il y est ordonné prêtre en 1897.


Rome 

Étudiant à Rome à l'Université Grégorienne, en même temps que le futur Pie XII et Mgr Maglione, futur nonce en France, il obtient la "Grande Médaille d'Or", distinction suprême de la Grégorienne. Il est de retour en 1899 en France où il célèbre sa première grand-messe dans l'église de Brains-sur-les-Marches. Il est nommé professeur de philosophie au Grand Séminaire de Laval où il enseigne la théologie. Grâce à ses qualités d'accueil et d'écoute, il exercera une influence sur le clergé mayennais, bien qu'il ne soit pas très en cour à l'évêché car il n'est pas « Action française ». Il s'en expliquera : « L'Action française est trop particulariste. Le prêtre est fait pour tout le monde et doit accueillir tout le monde ».


Parcours religieux

Réformé en 1914, l'abbé Suhard est aumônier d'un hôpital militaire à Laval. Il devient chanoine en 1919 mais l'évêque, Mgr Eugène Grellier, très proche de l'Action française, le tient à l'écart et refuse de le nommer supérieur du grand séminaire. En 1928, il est nommé évêque de Bayeux et Lisieux. Il est archevêque de Reims de 1931 à 1940, et créé cardinal en 1935. Il devient cardinal archevêque de Paris de 1940, à sa mort en 1949.


Seconde guerre mondiale

Le siège archiépiscopal de Paris qu'il rejoint pendant l'exode de juin 40 sera pour lui une lourde charge, où il subit beaucoup d'épreuves, en une époque difficile. Il adresse une dépêche à Hitler, le 26 octobre 1941, pour sauver les otages de Nantes et de Châteaubriant. Les Allemands avaient perquisitionné à l'archevêché dès juillet 1940. Comme la plupart des hauts dignitaires de l'Église catholique, il avait donné son approbation à la politique sociale et familiale du maréchal Pétain. Le 26 août 1944, le Général de Gaulle décide de l'exclure de la cérémonie d'action de grâces de Notre-Dame et de le maintenir confiné à l'archevêché. Le 10 novembre 1953, un buste en bronze du cardinal fut inauguré au Grand Séminaire de Laval, ainsi qu'une statue du prélat, le même jour à Brains-sur-les-Marches.


Mission 

Hanté par la déchristianisation, on lui doit la fondation de la Mission de France à Lisieux, la Mission de Paris, la communauté de Saint-Séverin et l'expérience des prêtres-ouvriers (« un mur sépare le monde ouvrier de l'Église, ce mur il faut l'abattre »). Pendant les 20 années de son épiscopat, il inspire, encourage et soutient un grand courant missionnaire, dont nombre de ses lettres pastorales, en particulier les trois dernières (Essor ou déclin de l'Église, Le Sens de Dieu et Le Prêtre dans la cité) rédigées par le père Bernard Lalande, son secrétaire et théologien, se sont fait l'écho. C'est à sa demande que fut publié, en 1943, un ouvrage de l'abbé Henri Godin : La France, pays de mission, qui eut un grand retentissement au sein de l'Église.


Publications


Lettre Pastorale de son éminence le cardinal Suhard. La Famille (Carême 1946). Spes.
Essor ou déclin de l'église. Éd. du Vitrail, 1947.
Le Sens de Dieu. A. Lahure. 1949.
La Prêtre dans la cité. A. Lahure. 1949.
Vers une église en état de mission. Editions du Cerf. 1965. (textes choisis par Olivier de la Brosse)

 Image

source wikipedia 

 

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