|
CHAPITRE PREMIERL'ACCESSION DU MARECHAL AU POUVOIRLe 18 Mai 1940, les Allemands qui viennent de rompre notre front a SEDAN commencent leur manœuvre d’encerclement contre Le groupe des Armées du Nord. Devant la gravite de la situation, M. Paul REYNAUD , Président du Conseil, rappelle Le Marechal a PARIS et Le conjure d'accepter Le portefeuille de Ministre d'Etat dans le Cabinet. C’est toujours a lui que l’on pense quand les affaires vont mal. 
Du 18 Mai au 10 ]uin, Le Marechal prend part aux délibérations du Conseil des Ministres, et s'entretient avec" les Généraux WEYGAND, GEORGES VUILLEMIN et l'Amiral DARLAN. Son premier geste est d' élever une protestation énergique contre les attaques dont Le Haut-Commandement est l' objet a la tribune du Parlement: « Avant tout, sauver Le moral et la confiance que Le Pays a dans son Armée. C' est la condition essentielle de notre Salut. » Le 11 ]uin, après la perte de la bataille de la SOMME, une Conférence est tenue au Château du Muguet, prés de BRLARE, entre MM. Paul REYNAUD, EDEN et CHURCHILL, a laquelle assistent Le Marechal" et Le General WEYGAND, ainsi que les Hautes Personnalités Militaires. Apres l’expose de notre situation dramatique, La question est posée a M. CHURCHILL de ce qu'il pourrait faire pour nous aider. La réponse du Premier Britannique est décevante: « Si vous tenez jusqu' en Septembre, nous vous amènerons quelques divisions». n émet 1'idée qu' en attendant nous fassions la guérilla. Cette idée sera reprise par M. Paul REYNAUD et par Le General de GAULLE. Le 18, alors que Le mascaret allemand déferle sur PARIS, Le Conseil des Ministres se réunit au CMteau de NITRA Y (BLERE) pour prendre une décision sur la conduite a tenir. Au COUTS de la reunion, Le Marechal, dans l' émotion générale, lit une courte note reconnaissance. que l’armistice s’impose comme seule solution possible. Dans les réunions des jours suivants, toutes plus orageuses les unes que les autres, Le Gouvernement va être appelé a se prononcer entre deux solutions: - La solution PETAIN-WEYGAND: Armistice. - La solution REYNAUD -de GAULLE, consistant a transporter la résistance en AFRIQUE DU NORD. Cette deuxième solution, comme aussi celle du "réduit breton" qu'on a envisagée un moment, n'a qu'un inconvénient, c’est d’être irréalisable. . J’en ai donne les raisons dans ma réponse au General de GAULLE, parue dans Le numéro 289 de la revue «PARIS-MATCH» : - Les Allemands, opérant avec des avant-gardes motorisées, auraient atteint la Méditerranée avant nous. - Grâce a leur supériorité écrasante en aviation, ils auraient coule la Hotte de transport (en supposant. qu’on ait pu réunir cette Hotte, alors que les Britanniques nous refusaient leur aide), avant même l'embarquement des troupes. - Si l'on admet qu'une partie des forces françaises, échappant a l’étreinte des Allemands, eut réussi a gagner l'AFRIQUE du NORD, elle aurait et8 incapable de faire tète a une attaque allemande par l'ESP AGNE, attendu que, du fait des prélèvements qu' on avait du faire sur nos garnisons et nos établissements au profit de l'Armée Métropolitaine, l'AFRIQUE du NORD se trouvait démunie de troupes et de moyens de ravitaillement. L’Armistice restait donc la seule solution possible.
M. Paul REYNAUD , trop engage par ses déclarations précédentes, n’avait plus que la ressource de démissionner. Avant de quitter son poste, il conseilla lui-même a M. Albert LEBRUN, Président de la République, de faire appel au Marechal PET AIN. Le 16 Mai, a 22 heures, le Marechal est nomme Président du Conseil. . II adresse aussitôt un message-radio au Haut-Commandement Allemand pour demander un Armistice. Puis il parle au peuple français : ... Je me suis adresse cette nuit a l’adversaire pour lui demander s'il était prêt a rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités. .Que taus les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et lassent taire leur angoisse pour n’écouter que leur foi dans le destin de la Patrie. Le 19, arrive la réponse allemande, demandant au Gouvernement Français l'envoi d'une délégation en vue de l' Armistice. Cette délégation, sous la présidence du General HUNTZIGER, se met en route le 20. Retardée par divers incidents provenant du fait qu'a la même date les Allemands ont franchi la LOIRE, elle prend contact avec les Représentants du Haut - Commandement Allemand, Ie 21.

Dans son second message au Peuple Français, Le Marechal expose les raisons qui ont motive sa demande d’Armistice.
Le 22, l' Armistice est conclu avec l' ALLEMAGNE, mais il ne pourra entrer en vigueur qu' après le contre seing de l'ITALIE. Nos arrière-gardes se battent jusqu'au 25 soir, et l' Armistice ne devient effectif que le 26 juin. |