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1946 - Une armée moderne (ac) Suggérer par mail
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1946 - Une armée moderne (ac)
Note 2
Note 3

Cette note partiellement reproduite, écrite en 1946 pour le Ministre de la Guerre COSTE FLEURET, est une contribution du Général HERING sur  l’étude de l’organisation d’une armée moderne d’après les enseignements de la campagne 1939-1940. Même si les équipements et la technologie ont évolué depuis, on y puisera des concepts d'organisation toujours d'actualité, et pour cause!

Paris, 1946

Une guerre ne ressemble jamais à la précédente.
14-18 a été la guerre des fronts. 39-40, la guerre des axes....la prochaine sera celle des flux*

AVANT-PROPOS

La Guerre est avant tout affaire d’organisation et de moral.

Sans une bonne organisation politique et militaire, rien de solide, sans un idéal et une foi, rien de grand.

Autant il est facile, en temps de paix, aux dirigeants militaires de voir grand, lorsqu’il se sentent soutenus par un pays qui ne craint pas de faire la guerre, quelques sacrifices qu’elle puisse lui coûter, autant leurs prévisions deviennent timides et leurs décisions à retardement quand, à chaque pas, ils se heurtent à la psychose pacifiste de la nation.

Une guerre ne ressemble jamais à la précédente.
14-18 a été la guerre des fronts. 39-40, la guerre des axes.*

Chaque guerre appelle une création nouvelle, n’en déplaise à MM. Les conformistes.

Sur la base des enseignements des guerres passées, il faut donc savoir construire un édifice nouveau.

Ni l’augmentation de la puissance des feux, ni le développement de la fortification, n’ont empêché les Allemands d’imposer aux alliés la « Guerre éclair » à laquelle ils avaient dû renoncer en 1914, après la bataille de la Marne.

Ils y sont parvenus, cette fois, grâce à une organisation et à un outillage adéquates : constitution d’une puissante armée de choc, à base d’unités cuirassées, d’unités mécaniques et d’aviation de bataille.

L’organisation des forces militaires ne peut être que provisoire. Elle doit évoluer d’une façon continue.

La direction de cette évolution incombe au Commandant en Chef, disposant d’une section d’études des problèmes militaires de tous ordres : techniques, tactiques, stratégiques, d’organisation, autrement dit d’un « brain-trust » suivant l’expression américaine.

Le Chef de la section d’études des problèmes militaires a pleins pouvoirs pour se documenter auprès des administrations centrales, corps et services des départements des forces de terre, de mer et de l’air, ainsi que de l’office des recherches scientifiques, auquel il soumet ses suggestions.

* Le Général précisait oralement à son secrétaire-archiviste en 1961..."la prochaine sera celle des flux"

NOTE n°1

STRATÉGIE GÉNÉRALE – STRATÉGAIRE MILITAIRE – TACTIQUE

TERMINOLOGIE

Dans la loi du 11 Juillet 1938 sur l’organisation de la nation en temps de guerre, on emploie le terme de « Conduite » indifféremment pour désigner :
•    La conduite de la guerre,
•    La conduite militaire de la guerre,
•    La conduite des Opérations sur un théâtre d’opérations.

Je préfère les anciennes appellations de :
•    Direction générale de la guerre,
•    Direction générale de opérations (ou direction militaire de la guerre),
•    Conduite des opérations sur un théâtre déterminé.

Celles-ci présentent, en effet, l’avantage sur les premières de différencier ce qui est de direction et ce qui est d’exécution dans le domaine de la stratégie générale.

La stratégie générale embrasse l’ensemble des problèmes politiques, économiques et militaires que pose la direction de la guerre.

Dans le domaine de la stratégie générale :

•    La direction revient de droit au Chef du Gouvernement,
•    L’exécution est du ressort, d’une part des Commandants en Chef des théâtres d’opérations, d’autre part des départements ministériels qui, en totalité, participent à la défense nationale.

Entre la direction de la guerre, à laquelle incombe la tâche d’assurer la synergie des activités nationales de tous ordres, et les Commandants en Chef des théâtres d’opérations, exécutants militaires de ses décisions, la direction générale des opérations est plus spécialement chargée de coordonner les opérations des divers théâtres (synergie des activités militaires).



 

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