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Allocution prononcée par le général Héring, le 16 Juillet 1934, aux obsèques d'Albert DURAND-GASSELIN (1968-1934) Mon cher frère, Malgré la douleur qui m'étreint, et dussé-je flaibir, je ferai mon devoir en prenant la parole devant ton cercueil, pour lédification de tes enfants, de tes parents, de tes amis. Sur ce cercueil, il faudrait écrire "L'énergie et la bonté personnifiées". La vie d'Albert Durand-Gasselin, se résume en effet, dans une longue et splendide lutte: - Sa situation a été deux fois compromise, et deux fois rétablie dans uns sursaut de volonté; - Sa carrière militaire forgée de toutes pièces sur les champs de batailles de la Grande Guerre, depuis le grade deCapitaine jusqu'à celui de Colonel, Officier de la Légion d'Honneur. L'inclassable activité de ce lutteur n'a d'égale que son désintéressement. Albert Durand-Gasselin ignore l'oisiveté, voire même l'ambition qui, de sa part, eut été cependant légitime. Ses actes lui sont inspirés uniquement par un sentiment du devoir d'autant plus élevé qu'il est fondé sur une foi robuste. Quant à sa bonté, dont il a comblé ses proches et ses amis, elle étendait ses lignes de force jusqu'au plus humble de ses collaborateurs. Pas un de ses ouvriers ici présents et dont je sens résonné dans mlon coeur l'émotion intense, pas un de ses anciens soldats qui l'ont vu si brillant au feu et toujours plein de sollicitude pour eux, nul ne me contredira! Tous l'ont aimé, et tous l'ont suivi. Car c'est précisément cette alliance de la bonté et de l'énergie qui faisait de cet homme d'action un chef dans toute l'acceptation du terme, comme aussi dans sa noblesse. En évoquant son souvenir, inclinons-nous respectueusement. Colonel Durand-Gasselin, au nom de tes chers enfants, de tes frères et soeurs, de tes amis qui pleurent; au nom de tes anciens compagnons d'armes dont tu fus l'incompérable entraîneur; devant ces drapeaux qui s'inclinent sur ta tombe, et au nom de la France que tu as si bien servie, le coeur serré, je te dis "Adieu!" Que tes belles vertus rayonnent désormais sur nous. P. Héring
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