Né le 11 décembre 1914 à Neuilly-sur-Seine, 3ème enfant d’Elisabeth Hosemann et Albert Kammerer, ambassadeur de France. Etudes secondaires à l’école de La Roche, puis Sciences-Po à Paris. La déclaration de la guerre en 1939 le saisit alors qu’il est employé dans une société de Transports à Marseille. Mobilisé, il réchappe à l’enfer de Dunkerque et cherche à rejoindre la Résistance dès l’été 1940. Une tentative le mène dans les cachots d’Espagne, puis une fois sorti il occupe un poste administratif à la préfecture de Chartres.
En 1942 il rejoint Londres où il reçoit la formation de la Résistance armée. Parachuté sur le sol français au début 1943, il est délégué militaire régional de la région Normandie aux côtés de Valentin Abeille, qui coiffe l’ensemble de la région M Bretagne-Normandie. A la mort de celui-ci, abattu dans la rue en mai 1944, Jean Kammerer assure les fonctions de DMR de la région M au moment du jour J, alors que la relève promise s’enlisait en Bretagne. Dénoncé par un membre de l’organisation, il a été capturé avec son groupe le 22 juin 1944 près du Mans. Il a été vu à la prison de Compiègne par son adjoint, en très mauvais état. On sait qu’il n’a pas parlé sous la torture, et qu’il a sans doute été liquidé en prison. Certains laissèrent croire à ses parents qu’il avait été déporté, ce qui plongea ceux-ci dans une longue attente. Jean Kammerer (Eric, Archer), incorporé dans la France Combattante avec le grade de lieutenant-colonel, a été nommé à titre posthume Chevalier de la Légion d’Honneur et décoré de la Croix de Guerre avec Palme. Son rôle à l’endroit le plus stratégique, qui lui a coûté la vie, est insuffisamment reconnu. Son charisme, sa foi dans la vie, en font une figure héroïque et attachante de la Résistance.
Paris, novembre 2008 - Texte rédigé par Isabelle Madesclaire, nièce de Jean KAMMERER.
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