Accueil arrow HUMANISTE arrow RAPPORTS AVEC L'EGLISE arrow L'ACCUSATION DU CARDINAL TISSERANT arrow 20 Mars 1947, Cardinal TISSERANT à Me ISORNI et Me LEMAIRE
20 Mars 1947 Cardinal TISSERANT à Me ISORNI et Me LEMAIRE Suggérer par mail

Cette lettre en date du 20 Mars 1947, adressée aux avocats du Maréchal PETAIN par le Cardinal TISSERANT - qui se positionne comme un sauveur des Juifs de la zone sud en 42 avant d'avoir été celui des Alliés de toutes conditions en 43 -, laisse apparaître le parti pris haineux qu'éprouve le prélat à l'encontre de la personne du Maréchal PETAIN, qu'il accuse tout simplement d'avoir été le collaborateur d'Hitler, un menteur vis-à-vis de la nation, et un faux chrétien.

Rome le 20 Mars 1947,

 Messieurs,

J'ai pris connaissance de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser le 15 courant. Je ne veux pas discuter des mérites de votre client pendant la guerre de 1914-1918; mais j'estime que le titre, que selon vous, l'Histoire lui attribuera, aurait dû lui inspirer en face des Allemands de 1940 à 1944 une attitude différente que celle qu'il a prise. Avoir consenti à collaborer avec l'homme dont la vie avait comme premier but l'annéantissement de la France, est une erreur telle qu'on ne peut reprocher à un Gouvernement français de la considérer comme impardonnable.

Après avoir secouru, à partir de Décembre 1942, les Juifs de la zone sud, qui se sont réfugiés en Italie après le 12 Novembre, et à partir de Septembre 1943 les Alliés de toutes conditions, j'ai dû me pencher, plus récemment, sur plusieurs des français qui sont arrivés en Italie, venant d'Allemagne. Il y a parmi eux des criminels, et je ne plaide pas en leur faveur; mais la plupart d'entre eux n'ont commis qu'une faute, celle d'avoir cru au "vainqueuer de Verdun". Avant qu'on prenne pour lui des mesures favorables, il faudrait que l'opinion française en demande pour ceux qu'il a trompés.

... Car votre client a trompé, ne serait-ce qu'en faisant croire qu'il avait des convictions chrétiennes, alors qu'il a vécu jusqu'à fin 1942 dans une position matrimoniale que l'Eglise condamne. On peut pardonné à quelq'un qui s'est trompé; mais ceux qui trompent une nation méritent tous les châtiments.

Veuillez agréer, Messieurs, les assurances de ma haute considération.

signé: Eugène Card. Tisserant, Evêque de Porto et S. Rufin

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir