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Polémique autour d'une note de la Croix-Rouge (Extrait des débats) Suggérer par mail

A travers ce débat au cours du procès fait au général DENTZ en 1945, on retrouve le climat partisan, haineux et détestable qui régnait , notamment à la Haute Cour de Justice. La partialité outrancière du Président MONTGIBEAUX éclate au grand jour. Pris à parti par Maître Delmont, avocat de la défense du Général, le président se retrouve avec l'obligation de se rétracter en restituant les faits, chargeant l'accusé en s'appuyant sur des articles et des rumeurs de presse.

 

                                                     NOTE A LA CROIX-ROUGE DE GENEVE
                                                                        (Extrait des débats)

 

Monsieur le président Mongibeaux : Et puis il y a un dernier document qui prouve cette satisfaction qu'avait l'Allemagne de la façon dont se comportait le Haut-Commissaire... Par l'intermédiaire de la Croix-Rouge, ce document faisait savoir que si la Justice française se permettait de porter la main sur le Haut-Commissaire de Syrie, l'Allemagne aurait une réaction qui se traduirait par l'exécution de plusieurs otages détenus en Allemagne.

Me de Vésinne-Larue : Je me permets de protester car il n'ya rien de cela dans le document auquel vous faites allusion....

Monsieur le Premier Président : Rendez-moi cette justice que je ne l'ai certainement pas inventé....

Me Delmont : Le nom n'y est pas.

Monsieur le procureur Général : Je ne fais pas état de l'argument.

Me Delmont : C'est de la bouche de Monsoieur le premier Président qu'il tombe.

Monsieur le premier Président : Je le retire et je demande à Messieurs les Jurés de ne tenir aucun compte de l'argument....

Monsieur le premier Président : En ce qui me concerne mon impartialité est mise en cause et vous me permettrez....

Me Delmont : Jamais!

Monsieur le premier Président : J'ai simplement vu dans le dossier un document duquel il résultait ce que je viens de dire. J'ai cru pouvoir en fairte état....

Me Delmont : Il y a un document émanant de l'Allemagne, document officiel déposé par un représentant de l'Allemagne à la Croix-Rouge de Genève. C'est à ce document que Monsieur le premier Président a fait tout à l'heure allusion en disant que le nom du Général DENTZ était cité.
Je signale à Monsieur le premier Président son erreur, et elle est capitale dans ce procès où, tout à l'heure, au début de l'audience, vous disiez, Monsieur le Premier, que cet homme jouait son honneur, sa réputation, son avenir, et sa vie même.
Nous n'avons pas le droit ici de commettre des erreurs quand il y a un pareil enjeu et mon émotion est née de votre erreur parce que le document ne cite pas le nom du Général DENTZ. Je dis que vous vous trompez et nous lirons le document.
Il y a une deuxième chose : La presse a pris texte de ce document, l'a analysé, l'a commenté, et elle a tiré du document, avec l'irresponsabilité de ceux qui écrivaient des articles, que le Général DENTZ étaient de ceux auxquels on pensait.

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                                                           (Audience du lendemain)

Monsieur le Premier Président : .... en ce qui concerne la note à la Croix-Rouge, à la demande de Me Alcide Delmont, je crois devoir la lire. Je fais d'ailleurs précéder cette lecture de l'indication qu'il est exact que le nom du Général DENTZ n'y figure pas.

                                                          (suit la lecture de la note)

J'indique qu'à la suite de la démarche du Gouvernement Français faite dans les conditions indiquées, à la suite de cette dépêche sur laquelle aucune personnalité ne figure, la presse française, se faisant l'écho de cette démarche et d'autres démarches faites dans la même période, a donné des précisions et dans ces précisions elle a fait figurer parmi ceux auxquels il est fait allusion dans cette note, le Général DENTZ.
Je crois que l'indication que je vous donne vous paraîtra suffisante.

 

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