Accueil arrow COMBATTANT arrow COMMENT FUT MISE EN MARCHE L'ARMEE DE PARIS EN 40 arrow Du 22 Mai au 12 Juin 1940 - REPLIEMENT DES AFFECTES - SPECIAUX
Juin 1940, du 07 au 12, REPLIEMENT DES AFFECTES SPECIAUX Suggérer par mail

Par cette note  écrite sur sous forme d'un journal de bord, le général a consigné les ordres et les contre ordres du gouvernement concernant le repliement des effectifs spéciaux de la capitale, le président du Conseil Paul REYNAUD tergiversant jusqu'au 12 Juin pour décider de la défense, ou non, de Paris. De son côté, le général Héring s'étant organisé pour défendre la capitale, fut surpris d'apprendre que Paris devenait "ville ouverte" le 12 Juin, tandis que le gouvernement lui notifiait sa prise de commandement pour assurer la retraite de l'Armée de Paris sur la Loire.

 

 

Repliement des affectés spéciaux
chronologie des évènements du 22/05 au 12/06/1940
(Note manuscrite du général Héring)

22 Mai    A une question posée par M. Chaleil au nom des métallurgistes de la région parisienne au sujet du sort des effectifs spéciaux en cas d’évacuation de Paris, je réponds : « En principe, les effectifs spéciaux, qui sont des militaires, doivent suivre le sort de l’Armée ». Mon intention étant de défendre Paris à outrance, ils resteront donc à Paris, à moins d’ordre contraire du gouvernement »

02 Juin    M. Villey, préfet de la Seine, vient m’entretenir de l’éventualité de l’évacuation de Paris. Il insiste pour qu’en tout état de cause, les effectifs spéciaux de toutes classes appartenant à la police et aux services publics, soient maintenus sur place.
    Réponse « Ils resteront d’autant plus que je compte bien y rester moi-même. Néanmoins pour le cas où le gouvt prescrirait l’évacuation, je vais transmettre votre proposition au Gal Weygand »

04 Juin    Lettre au Gal Weygand au sujet des affectés spéciaux à maintenir à Paris en tout état de cause.

 07 Juin    Réponse du Gal Weygand approuvant mes propositions.

11 Juin    Exécution d’un ordre du Gal Colson, en date du 9 Juin, prescrivant le rappel dans les dépôts des affectés spéciaux des classes 1930 et plus jeunes, tous les autres restant en place.

11 Juin -    11h Réunion des Préfets

        Aux questions posées au sujet du repli des affectés spéciaux, je réponds :
« Les prescriptions relatives aux affectés spéciaux des classes 1930 et plus jeunes ne sont pas applicables à la police et aux services publics désignés pour être maintenus à Paris en tout état de cause.
Aucune évacuation nouvelle sans ordre du gouvernement. Les commerçants, en particuliers, doivent rester à leur poste  »

-    Télégramme au Général W. pour insister sur le maintien en tout état de cause des affectés spéciaux de la police et des services publics, la décision prise à ce sujet semblant être remise en cause par certains membres du gouvernement.

-    Dans la soirée, téléphone de M. Surleau (de la part de M. Dautry) et de M. Mandel insistant pour le départ des affectés spéciaux de toutes classes.

-    Même demande de M. Mény, ajoutant que les affectés spéciaux recevront leurs instructions de leurs Chefs de service.

-    Télégramme au Gl Weygand lui demandant confirmation de ces ordres verbaux émanant du gouvernement.

21h30 – ordre du Gl Weygand, téléphoné par le Col. Bourget, de faire partir les affectés spéciaux de toutes classes.

22h00 – Confirmation de cet ordre. Le Gl W. lui-même me dit de me conformer aux instructions Mandel-Dautry-Meny, relatives aux affectés spéciaux

12 juin        Le départ des affectés spéciaux de toutes classes, est annoncé par mes soins par un communiqué à la presse dans la nuit du 11 au 12.

    Dès le 11 au soir, je savais d’ailleurs par le Gl de Lannurien, de retour du G.Q.G, que Paris était déclarée « Ville ouverte ».

    11H00 – Réunion des Préfets
    Effet désastreux produit par le départ en masse des affectés spéciaux.
    Je donne aussitôt contrordre, mais, hélas, c’est bien tard !

    12h15 ! Je rends compte par téléphone au Gl W. lui-même. « L’ordre que j’ai donné pour le repli des affectés sp., suivant vos instructions et malgré moi, est inexécutable et dangereux. J’ai pris sur moi de donner le contre ordre ».

    Réponse du Gl W. « A l’impossible, nul n’est tenu »
    Voilà ce qui arrive quand tout le monde commande.


Signé : P. Héring


 

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