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Commémoration du Général de CASTELNAU - Page 1 Suggérer par mail
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A la demande du Maréchal JUIN, indisponible ce 15 Juin 1955, le Général HERING prononça le discours ci-dessous retraçant la carrière et la grandeur d'âme du Général de CASTELNAU.

Au plan historique, le Général HERING insiste notamment sur l'origine du succès de la bataille de VERDUN en Février 1916 qui, organisée et gagnée par le général PETAIN, fut inspirée et décidée par le Général de CASTELNAU, soutenu par le Général JOFFRE.

Au plan personnel, le Général HERING décrit la personnlité très attachante du Général de CASTELNAU, son humanisme, sa maîtrise de soi, et sa grandeur d'âme. Le Général avait perdu trois fils et un gendre pendant la première guerre mondiale, un quatrième fils ayant été blessé et fait prisonnier. 

 

DISCOURS PRONONCE PAR LE GENERAL HERING

A LA CEREMONIE DU 15 JUIN 1955

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Les derniers compagnons d'armes du Général de CASTELNAU se trouvent réunis aujourd'hui pour commémorer le souvenir de leur grand et vénéré Chef par l'apposition d'une plaque sur la maison qu'il a habitée de Juillet 1911 à Juin 1940, et d'où il est parti pour la guerre, avec tous ses fils, en Août 1914.

Par délégation du Maréchal de France JUIN, notre Président d'Honneur, qui, à son très grand regret, s'est trouvé dans l'impossibilité d'assister à la cérémonie, je vais avoir l'honneur de vous exposer, dans ses grandes lignes, la belle carrière du Général, notamment dans la dernière phase de son évolution ascendante, où j'ai eu le privilège de le voir à l'oeuvre, aux prises avec les pires difficultés du commandement.

Sorti de SAINT-CYR en 1870, le Lieutenant de CASTELNAU entre de plein-pied dans la guerre, la meilleure école d'application, et c'est dans les combats qu'il fait son apprentissage de Chef, apprentissage sévère, certes, mais combien fructueux si l'on en juge par le déroulement de sa belle carrière.

Aussi non officier d'Etat-Major qu'officier de Troupe ayant fait ses preuves, le Général de CASTELNAU gravit sans difficulté les échelons de la hiérarchie jusqu'à celui de Colonel, où, pour des raisons d'ordre purement politique, son avancement se trouve freiné pendant 7 années, au bout desquelles le Gouvernement consent enfin à lui accorder les étoiles de Brigadier.

Le succès qu'il remporte dans son commandement de brigade puis au Centre des Hautes Etudes Militaires l'ayant mis en vedette, et devant la menace de guerre qui se dessine, on lui confie le commandement d'une division de couverture, la 13ème Division à CHAUMONT, où il achève d'asseoir sa réputation militaire.

Le premier acte du Général JOFFRE, en prenant en 1911 les fonctions de Chef d'Etat-Major Général, commandant en chef désigné, est de s'adjoindre le brillant Commandant de la 13ème Division comme premier Sous-Chef d'Etat-Major Général, chargé des opérations.

En 1913, il l'appelle au Conseil Supérieur de la Guerre.

C'est en qualité de Commandant de la IIème Armée que ler sous-lieutenant de 1870 va faire sa rentrée dans la guerre.

                                                                                        1914

Conformément à l'ordre général d'opérations du Général JOFFRE, les armées françaises prennent l'offensive sur tout le front.

Cette offensive se traduit par un échec général.

La IIème Armée, en particulier, se heurte le 20 Août, entre MORHANGE & SARREBOURG, à des positions puissamment organisées et renforcées en artillerie lourde.

Elle se rétablit sur la Couronne de NANCY et les hauteurs entre MEURTHE & MOSELLE, où les Allemands prennent à leur tour l'offensive.

Le 25 Août, apprenant par un renseignement d'aviation que les Allemands infléchissent la marche de leurs colonnes vers le Sud et la Forêt de CHARMES, le Général prend du tac au tac, la décision de les attaquer de flanc. Et c'est la victoire de CHARMES, suivie du refoulement des armées bavaroises jusqu'à leur base de départ.

Le flanc droit des forces françaises, déployées face au Nord pour la contre-offensive de la Marne, se trouvera désormais solidement assuré.

Après le coup de boutoir de CHARMES, le Haut-Commandement Allemand, renonçant à reprendre l'offensive en LORRAINE, commence à effectuer des prélèvements sur ce front au profit de son aile droite.

De son côté, le général JOFFRE retire du front de LORRAINE la majeure partie des forces qui y sont déployées, ainsi que l'Etat-Major de la IIème Armée, et confie au général de CASTELNAU la mission de prolonger le flanc gauche des armées françaises au nord de l'OISE, en s'efforcant de déborder l'aile droite allemande. La course à l'aile libre s'engage entre les deux partis. Le Général de CASTELNAU la ménera jusqu'à hauteur d'AMIENS. IL passera ensuite la main au Général FOCH, qui pousrsuivera la manoeuvre jusqu'à la mer, bloquant définitivement la manoeuvre d'enveloppement allemande. (Le coup d'arrêt des FLANDRES)

                                                                                                 1915

Le Général de CASTELNAU reçoit le commandement du groupe d'armées du Centre. Sa mission est de préparer puis d'effectuer l'enfoncement du front allemand de CHAMPAGNE.

L'opération, montée avec le plus grand soin, débute par la conquête de la première position ennemie, mais se heurte à la résistance de la 2ème position que les Allemands sont parvenus à tenir, en mobilisant toutes leurs réserves.

Reprise le 25 Septembre, mais, défavorisée par les plus mauvaises conditions atmosphériques, elle ne parvient pas au résultat escompté, la percée, malgré d'incontestables succès tactiques.

D'accord ave cles Général JOFFRE, le Général de CASTELNAU suspend l'opération.

Son enseignement le plus clair a été de montrer l'insuffisance de  nos moyens en artillerie, et, plus encore, l'impossibilité de réaliser une percée du front, sans avoir, au préalable, neutralisé les réserves de l'adversaire par un système de pesées successives exécutées sur l'ensemble du front.

En fin de 1915, le Général de CASTELNAU est appelé aux hautes fonctions de Major Général.

                                                                                        1916

Le 21 Février 1916, s'ouvre la crise de VERDUN.

Le Kronprinz attaque le saillant de notre front avec une supériorité de moyens en artillerie inconnue jusqu'àlors.

Le 25 Février, après des combats acharnés, la situation est la suivante:

- malgré leur résistance héroïque, nos forces de couverture, écrasées sous un déluge de feu, et submergées par les vagues d'assaut allemandes qui se succèdent sans interruption, sont refoulées sur la ligne des forts.

Le communiqué allemand annonce la prise du fort de DOUAUMONT, pierre angulaire de la défense de VERDUN.

- Ce même jour, notre couverture de WOEYRE a dû être repliée sur les hauts de MEUSE. L'éventualité d'un repli général sur la rive gauche de la MEUSE est même envisagée.

Le Général de CASTELNAU, délégué du Commandant en Chef, arrive à VERDUN dans la matinée.

Après sa connaissance  et examen de la situation, il prend de son propre chef la décision d'annuler les ordres de repli, et propose au Commandant en Chef de confier la direction de la bataille au Général PETAIN, commandant la IIème Armée, qui se trouve, avec son Etat-Major, en réserve de commandement.

Sans attendre l'approbation du général JOFFRE, dont il est assuré d'ailleurs, il convoque le Général PETAIN et lui transmet la directive du Commandant en Chef;


 

 

 

 

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