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Ce manuscrit est le brouillon d'une note du Général HERING publiée par le Journal Gringoire. C'est avec humour que le général évoque "le moral" qui animait l'équipe gouvernementale de M. Paul REYNAUD à la fin du mois de mai 1940. Ce document est à rapprocher d'autres commentaires qui font allusion à la débandade des membres du gouvernement REYNAUD démissionnaire, totalement absent de Paris début Juin, laissant au gouvernement du maréchal Pétain nouvellement désigné, le soin de déclarer "Paris, ville ouverte" en confiant au général DENTZ la triste mission de se sacrifier pour accueillir les Allemands à partir du 12 Juin! A Monsieur de Directeur Du Journal « Gringoire »
Monsieur le Directeur,
Dans l’article intitulé : « Journal inédit d’Anatole de Monzie » paru dans le numéro de Gringoire du 30 mai 1941, l’auteur semble réprouver l’initiative prise par le Gouverneur de Paris, le 16 Mai 1940, de suggérer au Président du Conseil le repli du Gouvernement et du Parlement.
Je regrette que ma suggestion n’ait pas été retenue ;
Nous aurions évité la pagaille que devait fatalement entraîner le départ in extremis du Gouvernement. Et surtout, ce départ m’aurait laissé la liberté d’action qui m’était nécessaire dans les circonstances graves que nous trouvions.
Tout de même, le geste du Gouvernement de ne pas quitter son poste m’avait plu. A la suite de la décision prise au Conseil des ministres auquel je venais d’assister, Monsieur Paul Reynaud m’a téléphoné : « Alors, vous avez bien compris, Monsieur le Gouverneur, nous restons à Paris. Votre mission est nette ! On résistera jusqu’à la mort » « C’est à cette éventualité que je me prépare depuis neuf mois », lui ai-je répondu en le félicitant de son cran.
Et j’ai cru de bonne foi que le Président du Conseil était décidé à « se sacrifier avec moi ».
En cela, je me suis lourdement trompé.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.
signé: Pierre Héring
P. Héring 31 Mai 1941
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