Accueil arrow COMBATTANT arrow CLARIFICATIONS & COMMENTAIRES arrow Avril 1941 - Controverse du Gl Frère et annotations du Gl Héring arrow 17-04-41 MANUSCRIT FRERE
17 Avril 1941 - Lettre manuscrite du Général FRERE justifiant l'esprit de ses "Souvenirs" Suggérer par mail

Dans cette lettre manuscrite d'Avril 1941, le général FRERE accuse réception des interrogations soulevées par le Général HERING, Commandant l'Armée de Paris, suite à la publication des "Souvenirs" du Commandant de la VIIème Armée.
La teneur de cette lettre se réfère aux "souvenirs" du Général FRERE qui aurait attribué la responsabilité des revers de la VIIème Armée à certains mouvements de l'Armée de Paris.
La mise au point qui suivra entre les deux Chefs d'Armée, est pleine de dignité et de respect, non seulement de la part des deux officiers généraux entre eux, mais aussi à l'égard des hommes dont ils étaient responsables au coeur d'une situation tragique ...qu'ils ont espéré, chaque fois que possibe,  pouvoir tourner à leur avantage, et dont ils ont réussi habilement à sauver la plus grande partie des effectifs.
"Comme vous, je sais que nous avons fait de notre mieux pour faire face à une situation dont nous ne saurions être rendus responsables." Telle est l'opinion du Général Frère.

 

 VIIème Armée                                                                          Lyon le 17 Avril 1941

Mon Général,

Je reçois votre lettre recommandée qui a trait à mes "Souvenirs" de la VIIème Armée.

Je vous demande de bien vouloir me donner un délai de quelques jours pour y répondre, surtout en ce qui concerne les journées du 15 et 16 Juin. Je voudrais revoir mes notes qui sont en ce moment dans les mains d'un officier qui ne m'a pas quitté depuis le 17 mai au soir, et cet officier, en permission, ne rentrera que Dimanchesoir.

Mais je veux sans tarder vous accuser réception de cette lettre et vous donner l'assurance qu'il n'a jamais été question dans mon esprit de rejeter sur les autres - sur vous moins que tout autre - une responsabilité que je dois entière pour moi seul.

S'il m'est arrivé de parler des unités de l'Armée de Paris, c'est que j'ai voulu replacer les faits concernant mon Armée dans l'ambiance du moment, tels que je les ai vus.
J'ai pu me tromper. S'il en est ainsi soyez sûr que je rectifierai.

Ces souvenirs ont été tirés à un nombre restreint d'exemplaires destinés à mes collaborateurs immédiats, et ne seront jamais publiés. Il me sera facile de rectifier s'il y a lieu. Je vous le dirai dans une prochaine lettre.

Si j'ai émaillé ces souvenirs de quelques appréciations ou faits divers, soyez assuré que je l'ai fait sans méchanceté - De Lannurien en particulier est un ami que je tiens en très haute estime.

Nous avons trop souffert depuis le 25 Juin pour éprouver l'envie de faire le panagéryque de nos Armées au détriment des autres. Ce serait une mauvaise action. Comme vous, je sais que nous avons fait de notre mieux pour faire face à une situation dont nous ne saurions être rendus responsables.

Je vous demande encore, mon Général, de croire à ma sincérité.
J'ai voulu avant tout, en écrivant ces souvenirs, être honnête. Je me suis efforcé de garder le "sourire" jusqu'au bout durant cette période tragique, mais j'ai toujours rendu compte d'une situation sans rien cacher à mes chefs, et j'ai voulu faire figurer quelques-uns de ces C.R dans mes "Souvenirs" pour éviter précisemment le reproche d'avoir voulu "après coup" démontrer qu'à la VIIème Armée tout avait toujours très bien marché.

Si je vous ai fait de la peine, mon Général, je vous demande de m'en excuser. Je vous demande surtout de croire à mon très affectueux respect.

signé: Frère

 


 

Partagez votre avis sur cette page sur FACEBOOK