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La carence de la direction de la guerre de 1939 à 1940 |
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Page 2 sur 3 Le Gouvernement français s’inclina devant ce double veto, sans même protester.
Force fut alors pour notre Haut Commandement de réduire ses prétentions à une « prise de contact » de la position SIEGFRIED en Lorraine. Semblable démonstration ne pouvait tromper personne ; elle ne faisait que souligner notre impuissance.
Bien plus, en cas de réaction allemande, nos avant-gardes allaient se trouver en assez mauvaise posture. Aussi bien, dès les premières manifestations de cette réaction, le Haut Commandement estima-t-il prudent de les replier sur la position de couverture d’où elles étaient parties.
Une nouvelle occasion de pénétrer en Belgique s’offrit aux Alliés, le 15 janvier 1940.
Devant la menace que constituaient pour la Belgique les concentrations massives auxquelles procédaient les Allemands sur la frontière hollando belge, le roi Léopold II fit connaître aux Alliés qu’il levait désormais l’interdiction de son territoire. Il laissa même entendre qu’une intervention de leur part serait favorablement accueillie par la population, tant flamande que wallone.
Le Haut Commandement français, avec l’autorisation de son Gouvernement, prescrivit aussitôt les mesures préparatoires d’exécution. Le 15 Janvier soir, au G.Q.G de VINCENNES, on attendait plus que le consentement de LONDRES pour déclancher l’opération. Ce consentement, d’abord retardé sous prétexte de complément d’information, fut en fin de compte remis sine die. Le Gouvernement français ne crut pas devoir insister.
Et ainsi, pour la seconde fois, les Alliés ont laissé passer l’occasion de s’assurer la possession du canal ALBERT et de la MEUSE.
- Pusillanimité des dirigeants britanniques, - Manque de volonté des dirigeants français -
Le 10 mai, les Allemands font irruption en Hollande et en Belgique. Les Gouvernements hollandais et belge appellent les Alliés à leur secours. Sans hésiter, LONDRES et PARIS décident de marcher à fond. Ordre est donné aux Armées du Nord de se porter, dans un premier bond, sur la position de la DYLE, et de rechercher la liaison avec l’Armée hollandaise vers BREDA. La position de la DYLE est à peine ébauchée ; pour peu que la couverture belge sur le canal ALBERT vienne à céder, c’est à une bataille de rencontre vque nous allons.
A la décision inconsidérée du Conseil suprême de la coalition, le Haut Commandement répond par un « lâchez tout » dont le moins qu’on puisse dire est qu’il était très risqué ! Autant, en effet, l’entrée des Alliés en Belgique s’imposait au début de la guerre, et même encore le 15 Janvier, autant elle était contre-indiquée, le 10 mai, au moins pour les gros.
Les Allemands nous ayant devancé en Hollande et en Belgique avec des forces supérieures, la sagesse conseillait de les attendre de pied ferme sur nos positions. Tout au plus, nous autorisait-elle à mettre la main sur les passages de l’ESCAUT et à nous relier à l’aile droite de l’Armée belge sur la MEUSE, vers NAMUR, avec des avant-gardes.
Foncer en Belgique, tous moyens réunis, c’était faire le jeu de l’adversaire.
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