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Avril 1940 - La diplomatie actuelle risque de nous conduire à l’atonie |
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Les Allemands sont hantés par la crainte de l’encerclement. Cette idée apparaît dans leurs écrits, dans leurs discours, et dans leurs actes. Elle est confirmée par des renseignements de bonne source (1). C’est le spectre de l’encerclement qui a poussé Hitler à s’allier avec la Russie et à faire accepter cette alliance par l’Allemagne toute entière. Le blocus a toujours été et restera donc notre arme principale vis-à-vis de l’Allemagne. Notre plan d’opérations doit, par suite, resserrer toujours plus ce blocus.
La diplomatie actuelle, beaucoup trop subtile, risque de nous conduire à l’atonie. Les Alliés ne veulent rien entreprendre contre les Russes; ils se bercent de l’espoir de les rallier un jour à leur cause. Sous prétexte de se concilier les neutres (en particulier l’Italie), ils laissent ceux-ci libres de ravitailler l’Allemagne, ce dont ils ne se privent pas.
Ce faisant, les Alliés montrent tout simplement leur faiblesse. Or la faiblesse n’a jamais rallié personne.
Dans la vie intense que nous menons, il faut savoir ce que l’on veut et le dire nettement. Ceux qui ne voudront pas marcher avec nous seront contre nous ; ils seront traités en conséquence.
Nous n’avons plus rien à attendre de la Russie. Profitons de ce qu’elle est empêtrée en Finlande pour agir militairement contre elle, en vue de la rendre incapable de ravitailler l’Allemagne en blé et en pétrole.
Faisons sentir le poids de notre volonté à la Suède qui fournit le fer à l’Allemagne et aux pays balkaniques qui la ravitaillent en matériel de guerre, en pétrole et en graines. Si nécessaire, on les menacera de les englober dans le blocus.
Le monde entier se rendra compte alors qu’à la faconde d’Hitler, s’oppose une autre volonté, non moins forte. Cela vaudra mieux que tous les discours et les astuces diplomatiques.
« On ne sent pas chez nous cette impulsion autoritaire qui, mieux que les discours, entretient la confiance et l’ardeur » (Guermantès)
Signé : P. Héring
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