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5. MERS EL KEBIR
Winston Churchill ne croyait pas aux promesses d’Hitler. En cela, il avait dix fois raisons. Il n’avait qu’une demi confiance dans l’engagement solennel pris par le gouvernement et par le commandement français de saborder la flotte plutôt que de la livrer aux allemands, ou, plus exactement il ne croyait pas le gouvernement français de taille à résister aux exigences d’Hitler sur la question capitale de la flotte – ce en quoi il se trompait comme l’expérience l’a prouvé.
Hanté par son imagination qui lui faisait voir la flotte française entre les mains des Allemands, alors que, de toute façon, il n’y avait pas péril en la demeure (2), et emporté par son tempérament, Winston Churchill a vu rouge. Se croyant déjà en état de légitime défense, ils donnèrent l’ordre à la flotte britannique de capturer, et à défaut, de détruire la flotte française, commettant ainsi un véritable fratricide.
Dans cette décision de Winston Churchill, le rôle du jugement semble avoir été très effacé. Pas une minute, le Premier britannique n’a songé aux conséquences de son geste brutal, à savoir, qu’en créant un casus belli aussi caractérisé entre la France et l’Angleterre, il risquait de précipiter la France dans les bras des Allemands.
Dans un remarquable article paru dans le Figaro du 31 Mars 1949, le général Serrigny nous montre comment, grâce au Maréchal, la rupture entre la France et l’Angleterre a pu être évitée. Nous y reviendrons à propos de Dakar.
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