26 Mai 1940
Du Général Héring, Gouverneur Militaire de Paris, Au Général Weygand, Commandant en Chef de l’Ensemble des Théâtres d’Opérations
La situation du G.M.P en arrière du front des Armées pose le problème de l’opportunité de la fermeture des barrages et de la mise à feu des dispositifs de mine. Actuellement, j’ai reçu du Grand Quartier Général l’ordre d’ouvrir tous les barrages de route afin de ne pas entraver les mouvements de l’intérieur vers le front, et vice-versa.
D’autre part, il importe d’éviter toute méprise résultant d’une destruction prématurée dont les conséquences seraient graves pour les communications des Armées.
Dans ces conditions, j’ai fait ouvrir les barrages et je me suis réservé l’ordre des mises à feu.
Pour que les deux opérations de fermeture et de destruction puissent se faire avec l’opportunité voulue, il est indispensable d’en décentraliser la décision.
Par ailleurs, j’estime qu’il serait mauvais pour le moral de la population parisienne, que les troupes en retraite traversent la ville de Paris.
Pour éviter ces difficultés, deux conditions sont nécessaires : 1. Il doit être entendu que tout mouvement de repli des Armées devrait se faire par l’Ouest et par l’Est de la région parisienne. La fermeture des passages ainsi que les destructions sur la Marne et la Basse Seine, de part et d’autre de Paris, incomberaient alors aux Armées du Front. 2. En ce qui concerne le front même de la position de sûreté de Paris, la délégation pour les barricades et pour les destructions serait donnée au Commandant de Secteur, dès réception d’un ordre émanant de vous ou du Général BESSON.
J’ai l’honneur de vous demander de vouloir bien me donner votre décision sur cette question.
Signé : Héring
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