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Ecrite trois mois après la précédente, le Général DE LATTRE se confie à son ancien chef, comme un champion à son coach. La bataille a été rude mais sans trop de dommages...La santé morale de ses troupes apparaît clairement, mais le vainqueur de cette campagne d'Alsace semble souffrir du manque de reonnaissance de la nation face à ses efforts et à ses résultats.
Mon Général,
Je suis profondément touché des affectueuses félicitations que m’apporte votre lettre. Nul n’est plus qualifié que l’ancien Chef militaire de l’Alsace, pour apprécier ce qui a été réalisé dans cette région qu’il connaît mieux que quiconque et où il a laissé un si grand souvenir. La bataille a été rude, mais c‘est sans trop de dommages que BELFORT et la HAUTE-ALSACE ont été délivrées. Nos troupes ont fait l’impossible pour sauvegarder notre pays et c’est dans des cités presque intactes que nos SOLDATS sont entrés en libérateurs. Je vous prie, mon Général, de croire à mes sentiments de très sincère et fidèle attachement. J’ai la charge totale de la poche qui reste encore à régler – Quand me reviendront forces et munitions dans la limite du minimum indispensable, nous repartirons avec ardeur et confiance pour en finir et forcer le Rhin. Mes Divisions ont fourni un effort invraisemblable ; Audace de conception – Rapidité et héroïsme dans l’exécution – tout y a été au maximum, à tous échelons ! – Et l’endurance pendant tant de jours où on crevait de froid ! Un jour je vous raconterai çà. Il faut le faire savoir. Le pays… trop aux efforts, aux sacrifices, aux magnifiques résultats de son Armée – Aidez nous à les faire connaître –
Tous mes vœux de bonne année, mon général, pour vous et tous les vôtres – Et veuillez croire à ma bien sincère et fidèle affection.
J.de Lattre
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