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"Seul est infaillible le jugement des inférieurs sur qui les commande" déclare le général de CHOMEREAU au "meneur d'hommes que vous étiez...insouciant de politique" à la tête de l'Armée de Paris en Juin 1940. Hommage rendu au Général HERING à l'occasion de ses obsèques aux Invalides le 19 Janvier 1963 .
Discours prononcé par le Général Chomereau aux obsèques du Général Héring, prononcé à St Louis des Invalides le 19 Janvier 1963 "Mon Général,
Votre subordonné au Gouvernement militaire de Strasbourg, pendant 4 ans, puis à celui de Paris, comme Commandant la Seine et Oise, et dans les combats de Juin 1940, apporte l’hommage bouleversé des unités ayant avec lui servi sous vos ordres, au Chef à l’âme haute auquel ils avaient voué leur admiration et leur fidélité : car seul est infaillible le jugement des inférieurs sur qui les commande : soldats de mon 172ème de Forteresse, le régiment du Bas-Rhin, défenseur de Strasbourg et du cœur de l’Alsace, au contact constant de l’ennemi, que vous appeliez « votre régiment », nous savions qu’à l’heure de la guerre, notre sort, avec vous, serait en mains sûres, et notre foi en vous s’était encore accrue de votre mâle attitude aux mobilisations de 1936 et 1938.
La limite d’âge vous a, comme à moi, interdit de mener au feu ces unités splendides qui, par ordre, en Juin 1940, et la rage au cœur, ont dû s’incliner, souvent plusieurs jours après l’Armistice, forçant le respect de l’ennemi...
Je devais à Paris, retrouver votre dynamisme clairvoyant, dotant la Place d’une ceinture de casemates, et je vous entends encore me dire, le 1er Novembre 1939 : « Je vous ai fait affecter à la Seine et Oise, parce que, comme à Strasbourg, nous allons travailler ensemble : on me défend de me battre à Paris : et bien je me battrai autour » - Et le jour venu, vous l’avez fait, sans que, jamais, j’aie vu s’atténuer votre sérénité ni votre vigueur morale pas plus que pendant les heures, plus cruelles encore, d’une retraite imposée. Instants tragiques où votre emprise sur nous a assuré le repli méthodique, dans des combats incessants, de votre Armée de Paris, maintenu, jusqu’au dernier jour – disent les citations – « intactes de moral et de discipline… » Je dis : « Intacte de moral et de discipline » !...j’y étais… j’ai vu !
Cela, mon Général, a été la suprême consolation, la suprême récompense du Meneur d’Hommes que vous étiez… De celui qui, ensuite, continuant sa ligne de vie, toute droite et désintéressée, insouciant de politique, a su rester – comme tant de poilus de 14-18 – fidèle à nos Chefs de Guerre de la Revanche ; le maréchal Joffre, le maréchal Foch et celui qui, en 1916, à Verdun a sauvé la France, le maréchal Pétain.
Mon Général, au nom de mes anciens de Strasbourg et de Seine & Oise, je m’incline devant vous, respectueusement : que Dieu, Là-haut, en qui vous avez foi, garde votre grande âme… Nous, dans notre cœur, nous garderons pieusement votre souvenir." Général de Chomereau
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