|
Cette dernière lettre du Général DE GAULLE, contrairement à ce qu'exprime son fils Philippe dans ses Mémoires, résume à la fois le respect pour la valeur du Chef, et pour sa bienveillance à l'égard du Général Héring. Le lecteur notera que DE GAULLE a toujours, depuis 1944, cherché à réduire la fracture entre les deux officiers concernant leurs certitudes respectives vis-à-vis de la conduite du Maréchal PETAIN pendant la deuxième guerre mondiale. Il y a là, pour les historiens, matière à rechercher le sens de ces états d'âme... Chère Mademoiselle,
Je veux vous dire, pour vous-même et pour les vôtres, combien m’a ému et peiné la nouvelle de la mort de votre Père, le général Héring. J’avais gardé à son égard beaucoup de respect depuis le temps où j’avais servi sous ses ordres et mesuré à la fois sa valeur et sa bienveillance.
Depuis lors, les évènements immenses et dramatiques qui nous avaient tous emportés ont pu paraître placer entre lui et moi des motifs d’éloignement. Mais au fond, rien n’avait altéré les sentiments que je lui portais et lui porterai toujours.
L’occasion m’avait été donnée, d’ailleurs, de le lui écrire assez récemment.
Ma femme se joint à moi, chère mademoiselle, pour vous dire quelle part nous prenons à votre chagrin, comme nous l’avions fait quand vous perdîtes Madame votre Mère.
Je vous prie d’agréer mes hommages très respectueux et attristés.
C. de Gaulle
|