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Général Hassler 4, route de Paris Boulogne/Mer le 9/9/47 Mon Général, A mon retour d’Angleterre je trouve le N° « Écrits de Paris » du mois de Juillet, dont je suis un abonné. Je lis avec un plaisir indicible votre étude : « Pourquoi n’a-t-on pas défendu Paris ?» Plaisir d’autant plus grand que je vous y retrouve avec le dynamisme et l’indomptable énergie que je vous ai toujours connus.
Depuis longtemps je désirais savoir les vraies raisons du départ de Paris le 13 Juin 1940.Vous les fournissez avec cette clarté qui est vôtre, mon Général, et j’ai l’honneur de vous demander d’excuser la liberté que je prends de vous le dire sans ambages.
Je me souviens de l’ordre préliminaire que vous m’aviez donné à cette époque pour la préparation du repli. Ma première réaction a été de vous dire qu’il n’était pas possible de lâcher le secteur de la Basse Seine, où la contre attaque sur Vézy laissait présager un succès plus grand. Je n’ignorais pas qu’à ma gauche, le Corps du Général de Laurencie laissait un vide inquiétant. Je pensais bien, qu’avec le bataillon du régiment de zouaves que je voulais pousser sur Vernon, je contraindrais l’ennemi à refluer vers la Seine. J’ignorais alors la situation sur la Marne à votre droite. Je savais votre désir formel de défendre Paris coûte que coûte, et j’étais décidé à tout tenter pour vous seconder. Pour la manœuvre sur Vézy et Vernon, j’avais, à la surprise effarée de mon État major, entièrement dégarni ma droite vers Poissy, sachant, par le G.R.D mis à ma disposition, que je pouvais tenter cette manœuvre audacieuse.
Laissez moi vous dire, mon Général, tout le respectueux attachement que je vous témoigne et la joie que j’aurais eu à me sacrifier jusqu’à la mort pour le Chef que vous étiez et qui symbolisait à mes yeux la France de Verdun. Je suis heureux de l’occasion qui m’est offerte de vous le déclarer en toute franchise.
Je suis maintenant dans ma propriété de Boulogne/mer, occupée pendant 4 ans par le Boche, et que je remets en état, après avoir eu la grande douleur, il y a un an, de perdre ma chère femme. Il y faut du courage et de la patience.
Président de l’Association des O.R et du Comité d’Entraide de la Légion d’Honneur, je continue à lutter pour le relèvement de notre pays, en dépit des égoïsmes sacrés qui se manifestent chaque jour, et qui loin de me décourager, renforcent mon action.
Veuillez agrée, mon Général, l’expression de mes sentiments les plus dévoués et respectueux. Signé : Gal Hassler
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