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Cette allocution du Général DESMOGES témoigne la profonde et réelle reconnaissance des Officiers de l'Etat-Major du Général HERING, à un chef dont la grandeur d'âme et l'humanisme sont égaux aux qualités de Chef et de meneur d'hommes. 30 Mai 1935 - Allocution du Général Desmoges, mon chef d'Etat-major (noté à la main par le général héring)
Mon général,
Les officiers de l'Etat-Major de la 7ème Région ont sollicité la faveur de se réunir autour de vous pour vous présenter leurs respectueuses félicitations à l'occasion de votre accession au Conseil Supérieur de la Guerre, et aux fonctions de Gouverneur Militaire de STRASBOURG, et pour vous exprimer la très profonde peine que leur cause votre départ.
Si les officiers de votre Etat-Major n'avaient pas à partager avec vous des responsabilités qui sont le propre du commandement, ils s'associaient - comme il convient à des hommes de coeur servant sous un chef qu'ils aimaient - à vos préoccupations et à vos peines, ce qui leur donne l'occasion de participer aujourd'hui à vos joies. A ce double titre, je vous demande la permission d'évoquer ici deux souvenirs de famille.
Le 1er Juin, nous aurons avec vous une respectueuse pensée pour votre père dont l'âme tressaillera d'un légitime orgueil en voyant rentrer à STRASBOURG comme Gouverneur Militaire, le fils que nos désastres de 1870 y avaient fait naître, sinon en étranger, tout au moins en exilé. Tous ceux qui, comme nous, ont participé dans des fonctions plus ou moins modestes à la revanche de nos armes, verront dans votre entrée dans la capitale de l'Alsace, le symbole renouvelé et durable de notre victoire.
Vous aurez également, ce jour là, la satisfaction de voir à vos côtés Madame HERING. Je prie Dieu qu'il vous la rende définitivement, pour votre plus grande joie, pour celle de vos enfants et de tous ceux qui vous aiment. Et je vous demande de lui offrir nos respects et fidèles hommages.
Reste à vous dire, mon Général, les profonds regrets que nous cause votre départ. Les officiers de votre Etat-Major vous expriment, par la bouche de l'ouvrier de la dernière heure que j'ai été auprès de vous, toute leur gratitude, non seulement pour la bienveillance que vous leur avez témoignée avec une égalité d'âme que ni les responsabilités ni les soucis n'ont réussi à troubler, mais aussi - je pourrais dire: et surtout - pour les exemples que vous donnez dans votre vie journalière à ceux qui avaient le privilège de vous approcher.
La fortune, par une ultime faveur dont nous avons appécié la grâce, vous a accordé, à la veille de votre départ, tous les renforcements en effectifs et les renforcements en fortification que vous réclamiez depuis quatre ans. Ainsi cette 7ème Région, toute animée de l'élan que vous lui avez communiqué, se trouve aujour'hui en mesure de remplir la haute mission de couverture de l'aile droite des armées françaises du Nord-Est qui lui incombe. Et nous sommes mieux placés que quiconque pour savoir que c'est à vous qu'elle le doit.
Les officiers de votre Etat-Major, qui ont eu l'honneur de travailler de tout leur coeur dans votre sillage, vous étaient et vous demeureront, mon Général, passionnément attachés. Et je pense que la meilleure manière de vous témoigner leur attachement sera d'apporter sous les ordres de votre successeur, le zèle et l'entrain qu'ils étaient si heureux de dépenser sous vos ordres.

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